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On raconte qu’une Japonaise a acquis la célébrité pour avoir composé un roman sur son téléphone portable. Dans « Paris », le professeur joué par Lucchini utilise les textos pour séduire sa belle étudiante, entreprise romanesque s’il en fût. Cependant, les courriels sont a priori susceptibles de plus de richesse littéraire. En voici la preuve avec le premier roman d’Anne Gallet et Isabelle Flaten, L’imposture. Un homme, une femme, un train, une carte de visite oubliée (exprès ?), la femme est joueuse (curieuse ?), elle écrit le premier mail (pardon, courriel) et voici, le ping-pong peut commencer. Or les messages s’allongent peu à peu, leur contenu se fait plus riche, permettant la découverte réciproque… avec beaucoup de difficulté, tant l’homme cherche à rester sur sa réserve. Ce dialogue devenu indispensable aux deux internautes (surtout à la femme !) va-t-il mener à la rencontre amoureuse ? C’est une manière d’aborder la question du sexe (« ce qui sépare »), question bien délicate dans notre temps de parité et d’unisexe. Internet offre son cadre à ces Liaisons dangereuses modernes. L’imposture mise en scène ici est moins terrible, l’ensemble plus proche de la comédie de mœurs que de la tragédie. Merci Internet, qui a permis concrètement l’écriture conjointe de cette fiction à deux amies, l’une à Paris, l’autre à Prague et Strasbourg !

André Michard, UPS, ENS



L’Est Magazine – 27 avril 2008

Dans le wagon de TGV, Delphine trouve la carte de visite de Florentin. Paris, il descend là, elle rejoint Prague. Elle voit dans ce bristol oublié comme un acte manqué. Une carte « abandonnée après trois heures de silence appliqué ». Là se noue le jeu de l'une à l’autre. Et s’entame une correspondance par mails interposés…

Le mail, outil incontournable et diabolique, permet tant la proximité que l’illusion. Ouvre au rêve et aux déceptions. Garde de la belle correspondance du XVIIIe siècle, les mots choisis, polis d’intentions, relus en creux et en reliefs. Le mail permet l’attente autant que l’immédiateté de l’échange. Le mail masque sous des atours littéraires l’âme et l’intime. Le mail livre dans la rapidité exacerbée d’une touche appuyée, la réalité de l’instant.

La « rencontre virtuelle » emprunte à la vérité ces petits pas qui font reculer pour se rejoindre. D’un mail à l’autre, ils accordent leurs desseins. Ou pas.

Deux être de chair, de sang, en quête de sens… dans l’autre c’est toujours soi que l’on trouve ou que l’on perd. Le mail limiterait-il le risque ?

Anne Gallet et Isabelle Flaten trouvent le ton de l’intimité qui s’affirme peu à peu. Permet ces audaces qu’hommes et femmes se refusent de vive voix. Les femmes se perçoivent dans les confidences offertes et quémandées de Delphine. Les hommes repèrent les retenues morales, raisonnables et un peu lâches de Florentin. La confrontation est là. Dans l’outil aussi, qui donne à chacun d’entendre l’autre et de le recevoir en ce tête-à-tête feutré avec l’ordinateur, sans contingences, protégés des prises directes avec le quotidien, protégé de l’autre, de soi aussi. Ces moments partagés par effraction autorisent l’espoir et le mensonge. Sans limite. Jusqu’à imaginer s’affranchir de soi.

Isabelle Flaten et Anne Gallet manient l’écriture pour elles-mêmes. Depuis toujours, elles choisissent les mots, livrent des secrets en cahiers aussitôt rangés. L’une à Nancy, l’autre à Paris. Elles sont amies. Leurs personnages s’entraînent et se construisent en miroir. Chacune avait pour le sien une destination et un chemin tracé que l’autre pouvait remettre en cause. L’histoire fut celle d’abandons et de surprises.

La maison d’édition La dernière goutte, toute juste tombée dans le paysage strasbourgeois, a reconnu en « L’Imposture » un texte prompt à dissimuler sous l’apparence toujours trompeuse d’un amour naissant, une perversion élégante et cruelle. Le caractère ambivalent de ce roman l’a séduite. Cet échange épistolaire troublant, impudent, envahissant, opportuniste et désespéré touche à son tour le lecteur, tant il dit de la passion sa féroce beauté.

Catherine Chaillet



Sur le site INITIALES.org

Petit traité de libertinage à l’usage des internautes, de style élégant et raffiné, L’Imposture nous entraîne dans un échange épistolaire où l’on se cache derrière les mots.

Jusqu’où croire que l’on peut se satisfaire de voyager virtuellement et pareillement aimer ?

Mais puisque le but du jeu est de rompre la solitude, on finit par se dévoiler et on devient vulnérable. L’émotion, le désir, le besoin d’aimer et d’être aimé s’imposent à nouveau. La parade amoureuse illumine la séduction.

Mais que veut celui qui se cache derrière les mots ? Le mystère est-il la composante à préserver de cette sérénade ? Mais qui donc a trompé ? Mais qui donc s’est trompé ?

Écrit par deux femmes qui ont uni leur talent, ce roman intelligent et savoureux, épicé d’une pointe d’humour, repose cette éternelle question de l’humain (trop humain) : comment faire jaillir l’étincelle dans une rencontre qui ne serait qu’un feu « d’artifices » ?

P.C.

Les Cordeliers - Romans sur Isère, le 2 avril 2008



[…] J’ai acheté l’Imposture il y a dix jours et j’ai fini de le relire hier soir. Je comptais ne relire que les dix premières pages et puis j’ai été happée ! Cela fait donc 9 jours que je passe un moment chaque soir avec Delphine et Florentin et, comme à chaque fois que je termine un livre que j’ai aimé, je suis triste de quitter les personnages, l’atmosphère du livre. Et je n’ai pas envie de commencer autre chose. […]

I.



[…] Je me suis régalée de ces échanges entre Florentin et Delphine.

L’amour est sans doute la plus belle imposture, tout dépend ce que l’on en attend.

Le mieux est sans doute de ne rien attendre, de donner sans espérer, de recevoir sans juger.

Merci pour cette imposture qui m’en rappelle bien d’autres. […]

A.



[…] C’est donc à Lainsecq, inspiration oblige, que je referme cet étonnant roman à deux mains et à deux voix où s’affrontent, dans la lumière crue – et inédite ! – d’une fiction électro-épistolaire, deux conceptions de la littérature, qui aurait prise, croit l’une, sur le réel, moyen, pense l’autre, d’échapper à la trivialité, les deux renvoyées pour finir dos à dos, la réalité se dérobant sans cesse à l’écriture et celle-ci étant, pour qui veut s’échapper, une planche de salut qui prend l’eau de toutes parts.

Merci pour ce beau moment de lecture. […]

C.



Retour de flamme

[…] Ton (votre) livre ne m’a pas quittée depuis jeudi, jour de son achat, jusqu’à ce que lecture s’ensuive jusqu’au point final : hier. C’est très bien. Et très bien écrit. Je te pensais plus jeune que moi, mais nous devons être de la même génération, disons qu’il faut avoir un peu vécu pour s’y reconnaître. J’ai déjà rencontré Florentin ; je suis moins rapide que Delphine ou plus patiente, pugnace même, parce que mon Florentin rôde depuis bientôt 4 ans. Mais c’est une autre histoire. Nous sommes trop intelligentes pour savoir que généraliser est indigne : non, tous les hommes ne sont pas ainsi, seulement ceux qui nous plaisent, nous énervent, parce qu’il faut être un peu Delphine pour rencontrer un Florentin. […]

S.



[…]

Voilà trop longtemps que je remets au lendemain ce qu’il était si simple de faire aussitôt le livre refermé. Mes vacances terminées, j’ai enfin le temps (!) de te dire que j’ai beaucoup aimé L’Imposture, très jolie idée mais aussi beau travail d’écriture où, pour moi, la drôlerie, une certaine contemplation mélancolique, l’emportent sur la cruauté (piste dans laquelle nous engage la quatrième de couverture). J’aime aussi le ton doux-amer du livre. […]

P.